Profession de foi du chroniqueur traumatisé

A chaque fois que je me lance dans la rédaction d’une nouvelle chronique d’album, invariablement, cet « Eternal Struggle » du guitariste italien Alex Masi sorti en 2001 hante mon esprit.

Pourtant, cet album ne m’a pas traumatisé. Enfin, pas directement en tout cas.

C’est la chronique qui en a été faite à sa sortie qui m’a vacciné. Et représente un cas d’école de ce qui à mon sens doit être évité quand on a ses lecteurs en tête.

Dans un magazine mensuel de metal, la chroniqueuse comparaît cet album à (ni plus ni moins) « Heaven and Hell » de BLACK SABBATH. Le genre de comparaison qu’on ne peut pas bêtement jeter en l’air ! Quelle belle perspective !

Pourquoi la journaliste aurait-elle pris le risque de mentir ? Il s’agissait d’un magazine spécialisé, la chronique devait donc forcément être juste et pointue. D’autant plus qu’à cette époque, les téléchargements n’avaient pas supplanté les cd’s, et que je ne pouvais que me fier aux chroniques avant l’achat.

J’ai donc acheté cet « Eternal Struggle » de MASI.

Comment dire…. Y trouver plus de 3 secondes de son évoquant peut-être éventuellement le chef-d’oeuvre du Sabbath noir avec Dio s’avère plus difficile que de mettre la main sur un boeing posé au fond de l’océan indien.

Il y a aujourd’hui prescription. Mais je dois avouer qu’en tant que lecteur j’en ai terriblement voulu à cette chroniqueuse. J’ai été trompé et j’ai dépensé mon argent dans un objet qui n’était pas celui que je cherchais. Déception, trahison, appauvrissement ! Arrrggghhh !!!!

Une chronique est forcément subjective à un certain point, un chroniqueur n’est pas infaillible, mais on ne peut pas écrire n’importe quoi simplement pour faire plaisir à un artiste/ami ou un label. Sous peine de perdre toute crédibilité auprès des lecteurs/acheteurs. Et c’est pour ces derniers que l’on écrit.

On peut partager un coup de cœur ou une grosse déception, on peut le/la relativiser, mais il faut savoir rester juste. C’est tout le dilemme que nous rencontrons tous.

Chaque chroniqueur a son MASI.

 

2 réflexions sur “Profession de foi du chroniqueur traumatisé

  1. Ça me rappelle la chronique dithyrambique de Morsüre dans Metal Attack, je file acheter l'album et là .. Bin c'est pas du tout ce qu'on m'a vendu. Et il y a peu de temps je tombe par hasard sur l'explication, un des membres du groupe était le frère du chroniqueur. CQFD …

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