La france insoumise est dans la rue. J’ai eu peur que mes voisins me prennent pour un fainéant, alors je suis resté tondre ma pelouse. Dans le quartier, nous étions trois à tondre en début d’après-midi. On reste dans nos lignes de mire respectives. Un nouveau parti est né : Le Voisinage En Marche ! (derrière la tondeuse). On était majoritaires aujourd’hui. Demain probablement pas, mais ça n’empêchera pas l’herbe de continuer à pousser. Je suis passé sur Internet voir ce que donnait le rassemblement de Jean-Luc, Alexis, et Raquel wesh wesh. Je n’en sais pas plus. Les Insoumis sont définitivement les militants 2.0., et s’il est difficile de savoir s’ils sont en phase avec la France, et quelle France, ils le sont assurément avec leur temps. Ils utilisent les médias et réseaux avec une intelligence qui force le respect. Mais en consultant les news du huffpost, je me suis demandé si le fond qu’ils défendent ne sera pas rapidement victime de la forme qu’ils emploient. J’ai l’étrange impression que les médias, après avoir couvert de manière traditionnelle les mouvements sociaux de la semaine organisés par les syndicats, couvrent la manifestation des Insoumis comme ils traiteraient la Gay Pride. Un événement médiatique, empreint de hype et de fun. L’expression d’une minorité avec les moyens formels les plus visibles, les plus télégéniques, les plus web-orientés. J’ai vu des images, des slogans à base de calembours que je n’aurais pas reniés, de catchlines futées, toujours dans l’humour et le clin d’oeil. Et les médias non seulement s’en contentent, mais s’en nourrissent, s’en repaissent, s’en gavent, nous gavent. Le buzz comme message politique, comme moyen d’exister. Il fut un temps où l’on reprochait l’abus de « petites phrases » chez certains hommes politiques. Aujourd’hui, on ne retient (on n’attend) que ça. Aux prochaines élections, on ne recevra plus les professions de foi des candidats dans sa boîte aux lettres, mais en 140 signes, avec sûrement quelques liens pour télécharger quelques goodies. D’ici là, ma pelouse aura eu le temps de pousser. Et je continuerai à tondre.

