JOUR 40
Jeudi 23 avril 2020
Quand tu discutes en Facetime avec ta jeune nièce et que tu crois comprendre que dans l’après-midi elle a regardé deux films : Ice Couilles musicales 2, et Chérie, j’ai engraissé les gosses, tu t’aperçois que le confinement ne sera pas sans effets secondaires.
De toute façon, encore un peu de temps, et plus personne ne se comprendra. Oui, je sais, le chemin est déjà bien engagé.
Tenez, j’ouvre ma page Facebook et je me retrouve face à cette question :

Je suis resté bloqué dix secondes pour tenter de comprendre ce qu’on me voulait.
1/ FB m’invite-t-il à dire quelque chose ? (Je pense que c’est ça en vrai, mais bon...)
2/ FB ne comprend plus ce que j’écris et me demande des précisions. (Et si en fait c’était ça, le vrai fond de cette question ?)

Il n’en fallait pas plus pour me lancer dans une profonde introspection, faite de doute et d’apéro.
Je vous laisse donc avec mes pensées d’hier.
En France, à lire les commentaires sur le quotidien, on peut soit apprendre que Macron est un connard, Mélenchon un visionnaire, Raoult un sauveur, Ciotti un grand responsable, Royal une incomprise, Poutou un cerveau…. Chacun a son râtelier, ses certitudes, ses ennemis politiques, ses convictions… c’est bien. It’s a free world.
Quand on s’intéresse à ce qui se passe au-delà des frontières, qu’on se renseigne avant d’interviewer des norvégiens ou des suédois, on apprend que quel que soit le nom du dirigeant, Macron, Harald V ou Charles XVI Gustave, les décisions prises pour lutter contre la pandémie sont à peu de choses près les mêmes, que les soucis aussi sont identiques (manque de masques, de tests…), que le déconfinement s’organise de la même façon (réouverture des écoles, des crèches, des commerces…), et dans des délais similaires.
C’est instructif. Ca permet de relativiser.
Les chiens peuvent continuer à aboyer. La caravane passera.
Pas parce qu’elle nous ignore. Mais parce que malgré nos désaccords, il n’y a pas 36 routes quand la science (même dans le doute) parle.
C’est con à dire, mais seuls les sachants savent. On peut penser différemment, mais cela ne donne pas de l’intelligence à nos réflexions. On peut rester con, mais il faut l’accepter.
Le français a du mal à l’accepter. C’est ce qui fait son identité.
(A suivre)