HEART LINE « Rock’n’Roll Queen » (2023)

HEART LINE

Un an et demi après son premier album studio Back in the Game (placé dans notre top ten albums 2021), HEART LINE revient nous mettre un gros coup de défibrillateur avec ce Rock’n’Roll Queen en tout point supérieur à son prédécesseur. Difficile de trouver en effet une faille dans ses douze titres inédits qui propulsent pendant près d’une heure l’auditeur dans un univers à la dynamique addictive aussi virevoltante qu’entrainante. Les nombreuses chroniques dithyrambiques qui accompagnent la sortie de ce deuxième album, majoritairement étrangères car nul n’est malheureusement prophète en son pays, louent à juste titre le talent, le jeu, la dextérité des musiciens, et évoquent quantité de groupes qui ont marqué les années 80, tels Foreigner, Survivor, Van Halen, Bon Jovi, Whitesnake, Europe, Bad English,… Excusez du peu. Nous pourrions ajouter Michael Schenker, Queensrÿche ou Dokken, entre autres. Il y a forcément un fond de vérité dans ces flatteuses comparaisons car Yvan Guillevic (guitares/Composition) a grandi dans cet univers qu’il maîtrise sur le bout des frettes. Mais le secret qui rend ce projet unique est que pour autant HEART LINE ne récite pas. Jamais. Certes les codes sont là, mais le groupe s’est forgé sur ces éléments et dès son premier album une identité propre, qui lui permet de s’affranchir sur chaque titre de réelle comparaison. Là où d’autres groupes, et ils sont légion, viennent par leurs compositions rendre un vibrant hommage au pied du monument érigé à la gloire de l’AOR, nous pouvons affirmer qu’avec seulement deux albums au compteur HEART LINE y grave déjà humblement son nom.  Les forces du groupe que confirme ce Rock’N’Roll Queen sont multiples. Il y a d’abord l’énergie agressive que déploient les musiciens, même sur les titres les plus calmes (rares). Il y a ensuite la production et notamment ce mix somptueux qui évite les écueils d’un genre où trop souvent les mélodies et la vista sont noyés sous les chœurs ou engloutis sous des nappes de synthés génériques. Il serait également criminel de passer sous silence le sens du refrain qui fait de chaque titre un instant classic radio compatible. Enfin, HEART LINE se permet un son live, brut, sans l’embarras d’effets intempestifs ou d’autotune. Et s’il peut se le permettre, c’est parce qu’Yvan Guillevic et Emmanuel Creis (chant) rivalisent de talent et s’affrontent dans une joute perpétuelle sans jamais perdre le sens du principal : servir les compositions. Ils sont en cela parfaitement secondés par le jeu subtile de Jorris Guilbaud (Claviers), et celui puissant et carré de Dominique Braud (basse) et Walter Français (batterie). Sans oublier la participation amicale de Patrick Rondat sur « Call of the Wild », une présence qui en dit long. Jamais il ne se dégage de Rock’n’Roll Queen un sentiment de remplissage, et ce même sur le dernier tiers de l’album, jusqu’à son ultime seconde, où avec bonheur l’auditeur se laisse emporter vers ce qui alors pour son plus grand plaisir semble devenu inarrêtable. De « Hard Life » à « Keeper of Desire », HEART LINE y atteint en effet une autre dimension qui laisse augurer d’un avenir réjouissant.  Mais entrer dans les détails serait vain, toutes les compos étant à l’avenant ! Derrière un visuel percutant de Stan-W Decker (dont le design, les tons et l’ambiance parleront certainement inconsciemment aux fans de Maiden de la première heure), Rock’n’Roll Queen est une pépite de feel good musique proprement testostéronée qui se doit d’accompagner votre été, et bien plus encore. 

Oreilles5_2

HEART LINE
« Rock’n’Roll Queen »
Pride & Joy Music
Sortie le 23 juin 2023

 

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