
Un an quasiment jour pour jour avant le confinement de 2020, SIDILARSEN sortait son septième album studio intitulé On Va Tous Crever qui heureusement, mais de peu, ne s’avéra pas prophétique. Un album qui vit le groupe durcir son propos, musicalement notamment, et dont nous achevions alors la chronique par ces mots : « Du travail d’orfèvre, sublime et éprouvant ». A ceux qui s’interrogeaient alors sur ce que serait le monde d’après, SIDILARSEN vient avec Que la Lumière Soit apporter une réponse simple : pareil, mais plus dur. Même producteur, même discours humaniste, même expression rock-électro-metal, avec cependant un nouveau batteur en la personne de Marvyn Palmeri qui reprend les baguettes et le tabouret de Sam tout en apportant un jeu plus… metal, justement. Pour autant, SIDILARSEN garde son identité, sa spécificité, ses textes concis, directs, bienveillants et parfois naïfs mais qu’il fait bon gratter pour en découvrir autant le second degré que le sens profond. Quelques exemples saisis à la volée, « ce qu’il faut tenir, c’est la république », « la vie est plus belle en tout électrique », « ouvrons les barrières en geste solidaire »… ou encore ce terrible « L’avenir, c’était bien… » tellement lourd de sens (celui-là fait mal). Passé les trois premiers titres qui font office de transition avec le SIDI historique plus direct, vindicatif, martial et sautillant, avec son autotune, ses choeurs et ses nappes électro, cet album s’enfonce progressivement, inexorablement, dans des atmosphères sombres, certes porteuses de messages indignés, mais désormais fatalistes, pour ainsi dire désabusées, et même résignées. Jusqu’à invoquer in fine l’Amour comme seul remède aux maux de notre monde. Quand on en est là… c’est qu’il reste peu d’espoir. Les anglo-saxons ont une formule toute futile et vide de sens, si l’on se veut rationnel, qui sied particulièrement à la prise de conscience de cet avenir incertain : wait… and pray. Le game semble bel et bien plié. Mais en plongeant de plus en plus profondément dans ces eaux desespérées, la musique de SIDILARSEN se pare progressivement à partir de « Sunburn » d’une aura metal irradiée d’arrangements emphatiques qui va crescendo et atteint son apogée dans « Inanité », avec lequel le groupe clôture une fois encore brillament son nouvel album. Les voix de Didou et Viber sont alors la plupart du temps enchevêtrées, les guitares de Benben et Viber lourdes à souhait quand elles ne sont pas pourvoyeuses de riffs mémorables (ah le riff circulaire de « Amour en Acier » !), et la basse vrombissante de Sylvain Sarrobert est tellement présente (« Sunburn, « Amour en Acier » ou « Inanité » encore). Deux interludes apportent un peu d’oxygène dans cette descente aux enfers. L’aérien « Immuable » et surtout les babillages de bambin de « Luminaria » qui apportent humanité, espoir et innocence, tels un rai de lumière bienvenu transperçant les ténèbres. Que la Lumière Soit est de fait un voyage vers les ténèbres. Un oxymore aux cons. Du travail d’orfèvre, sublime, éprouvant et maintenant inquiétant.

SIDILARSEN
« Que la Lumière Soit »
Verycords
Sortie le 19 avril 2024

Elles sont où les 5 oreilles?
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Mais ???? Oui !!!! Où sont elles ???? 😀
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Ah ça va mieux…😉🦻🏻🦻🏻🦻🏻🦻🏻🦻🏻🤘🏻
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Ça y est ! 🙏😍
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