LIZZARD – « Mesh » (2024)

LIZZARD MESH

LIZZARD appartient au cercle fermé des groupes dont il émane de la musique une forme de noblesse indescriptible et dont pour des raisons difficilement explicables on attend chaque nouvel album avec une forme d’appréhension fébrile. Voire même d’excitation incontrôlée. Mesh est leur cinquième album, et il se peut que ce soit leur meilleur. C’est certainement leur plus abouti, leur plus homogène, leur plus personnel. Depuis Out of Reach (2012), le trio n’a eu de cesse de tenter de dompter ses influences profondément 90’s. De chaque étape de leur parcours on pouvait s’amuser à disséquer le son pour découvrir ce qui avait construit Mathieu Ricou (guitares et chant), Katy Elwell (batterie) et William Knox (basse). TOOL était dès le départ une évidence indiscutable. Et si sur Eroded (2021), le groupe transpirait encore indéniablement par moment NIN (par exemple), Mesh est l’album enfin réalisé de l’autre côté du miroir. Du Lizzard, et puis c’est tout ! « Alt-rock, post-punk, rock contemporain, progressif, underground, polyrythmie, mélodies plaintives, refrains doux-amers, groove écrasant,… », la promo qui accompagne la sortie de Mesh se perd en louanges à son sujet et tourne sans doute autour de ce qui anime l’excitation incontrôlée qui s’empare de l’auditeur. Mais ce que cette promo ne dit pas, c’est que Mesh est certainement aussi l’album le plus solaire du trio. Dès l’introductif « Unity », Lizzard rappelle d’où il tient sa force. De l’impressionnante cohésion de ses trois musiciens. Il faut entendre ce riff martelé, la batterie et la basse – telluriques –, puis cette guitare qui s’émancipe et devient aérienne au second couplet. Brièvement seulement, avant que l’ensemble ne s’unisse à nouveau pour terrasser l’auditeur. Et soudain « New Page » et sa légèreté d’apparence que n’aurait certainement pas reniée Karnivool, tout en contrepied. Ride with me now…. comment ne pas céder à cette injonction ? Quel titre ! « Elevate », bien plus sombre, surprend autant qu’il enchante par la rupture de son refrain qui descend la gamme. Le propos se durcit avec « Black Sheep » et le premier gros riff de l’album qui ne manque pas de ramener l’auditeur à ses fondamentaux metal… Et puis les autres titres, tous les autres titres… En parler n’est pas suffisant pour leur rendre justice. Embarquez, écoutez, laissez vous porter par ce voyage sensoriel qui s’apaise momentanément en fin d’album pour préparer son apogée, le savoureux « The Beholder »,véritable ode au lâcher prise. LIZZARD maîtrise son art sans l’air d’y toucher, sans offrir d’explication, comme si tout était simple et naturel. Cela dure depuis 2006 et ce nouvel album démontre qu’ils n’ont pas fini de nous enchanter et ne sont pas près de s’arrêter. Comme s’ils avaient pas la grâce allumé à leurs débuts une mesh lente…

Oreilles5_2

LIZZARD
« Mesh »
Pelagic Records
Sorti le 27 septembre 2024

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