OPETH « The Last Will and Testament » (2024)

opeth 2024Mikael, il faut que tu saches que j’aurai essayé. Vraiment. Avec une réelle volonté d’entrer dans ton univers. Malheureusement, depuis Heritage (2011), rien n’y fait, je te comprends mais je n’adhère plus. Je suis pourtant fan de musique progressive, ô combien !, mais tu m’as perdu. Tes fans aussi m’ont perdu, Sorceress (2016), le moins bon des albums de la deuxième vie d’OPETH selon les exégètes du groupe étant paradoxalement mon préféré. Ce qui m’attriste le plus, c’est que je ne suis pas sûr que toi-même tu t’y retrouves. Au moment d’Heritage qui plagiait à outrance RAINBOW, tu jurais que jamais au grand jamais on ne te surprendrait à growler ! Et où en sommes nous en 2024 ?…  Sans évoluer d’un iota, ta musique tente à chaque nouvel album de trouver son sens, de revendiquer son authenticité, sans convaincre ssur des valeurs fortes ou fondamentales au point qu’en 2019 In Cauda Venenum faisait le buzz avec sa version chantée en suédois. Aujourd’hui, en 2024, le scoop est le retour à une part de chant growlé. La belle affaire… C’est tout ce que tu as à proposer ? Back to basics, mais surtout une forme d’aveu d’échec, d’insatisfaction aussi probablement. Comme si à lui seul ce chant qualifié d’extrême apportait une plus-value à un album certes musicalement souvent inventif mais qui peine à créer ne serait-ce qu’un semblant de frisson. Torpeur quand tu nous tiens… J’avoue, je me suis posé LA question après l’avoir écouté et m’être fait un peu (royalement ?) chier à part sur deux ou trois titres (le 4, le 5 et le 7… car oui, tu n’as même pas été fichu de donner un titre à tes nouveaux morceaux. Franchement, même les musiciens qui font des albums instrumentaux se décarcassent pour en trouver !), alors j’ai relancé Watershed (2008) que je n’avais pas écouté depuis une éternité. Je vais te dire : cet album fait toujours son effet ! Pourquoi, Mikael, pourquoi diable ? Réfléchis, combien de têtes a-t-il fallu que tu coupes pour en arriver là ? OPETH ne fait plus de metal. Il ne fait plus de rock non plus. Il cultive son originalité dans un passéisme lénifiant. J’ai pourtant toujours cette impression que tu tournes depuis une quinzaine d’années autour du pot d’un album génial, mais sans parvenir à le sortir. Peut-être y parviendras-tu en revenant un jour, après le chant growlé, aux grosses guitares saturées et aux riffs monstrueux ? Ce serait bien le comble, mais l’accepteras-tu ? Et faut-il le souhaiter ? En espérant que ce nouvel album serve de testament, de dernières volontés, à la chimère qui guide tes rêves, cette quête illusoire qu’il te faudra un jour finir par dominer, ou enfin sublimer !

OPETH
« The Last Will and Testament »
Reigning Phoenix Music
Sortie le 20 novembre 2024

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