Le ROCK est MORT (mais il ne le sait pas)

En 1969, de jeunes gens que j’imagine chevelus, un poil camés, un peu alcoolisés aussi, écoutaient dans des lieux enfumés le second album de Led Zeppelin. Sûrement y avait-il aussi un peu de sexe dans ces soirées d’évasion. On y refaisait le monde sans aucun doute. L’avenir était incertain noyé dans les brumes de volutes parfumées. La guerre, le besoin de liberté, d’émancipation… s’entremêlaient dans leurs trips en Technicolor. Ils attendaient la (une ?) Révolution. Pouvaient-ils penser que d’autres qu’eux, 56 ans plus tard, pas encore sexagénaires mais pas loin, écouteraient la même musique mais en fond sonore en sirotant un verre de vin devant le spectacle, son coupé, de milliardaires courant après un ballon tout autant qu’un futile objectif ? Que la musique de leurs idoles, Led Zep, Deep Purple, Black Sabbath, The Who, Bowie… ne survivrait qu’en générique de séries TV consensuelles ou en illustration sonore de publicités pour des parfums ou des voitures électriques ? Qu’en penseraient-ils ? Où est le rock, sinon mort, dont seul l’écho dépecé de ses valeurs et son sens résonne encore en une complainte lessivée ? Est-ce que tout cela a encore un sens ?

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