Je rêve naïvement d’une Champion’s League du metal.

J’ai toujours été fan de foot. J’y ai joué en club dans ma jeunesse (brièvement). J’ai supporté mes équipes locales. J’ai suivi la progression de l’équipe de France de 1978 jusqu’à l’impensable vingt ans plus tard : la conquête du titre mondial. Comme l’a alors dit Thierry Roland, quand on a connu ça, ce qui paraissait impossible, « on peut mourir tranquille ». Alors non, je ne suis pas mort, pas même tranquillement, mais je me suis progressivement désintéressé de ce sport qui ne pouvait plus rien m’apporter de plus fort (à mon sens) que le nirvana qui avait été atteint. J’ai continué à supporter mon équipe de cœur, par chauvinisme identitaire mal placé probablement, mais tellement bon. Tout ça pour dire que l’OM ou le PSG ne m’émoustillent ni l’un ni l’autre. A jamais premier, second, ou pénultième, voire dernier. Blanc short et short blanc. Who cares ?

Et pourtant cette année j’ai suivi la Champion’s League de manière un peu plus assidue. Parce que mon équipe de cœur locale y participait, tout d’abord. Et puis depuis le début de l’année parce que les matches que j’ai vus étaient d’un niveau vraiment élevé. Ceux du PSG bien sûr, ceux du Barça aussi, ceux des clubs anglais également.

Parce que ces équipes hautement talentueuses mêlent toutes talent, génie, implication, énergie, magie. A tel point que certains matches opposant des équipes pour lesquelles je n’avais aucun affect m’ont profondément réjoui et emporté. La ligue des Champions, la Champion’s league comme disent les jeunes, comme je l’expliquais à ma femme, ne se satisfait jamais de médiocrité ni de recettes éculées. Les buts ne s’y marquent qu’au ras des poteaux, dans les lucarnes, ou à l’issue de mouvements collectifs venus d’ailleurs. Il sont tous hors du commun, semaines après semaines, produits de générations se renouvelant sans cesse sur les terrains et dans leur art.

Le seul football qui m’emporte aujourd’hui, pour me plaire et m’émerveiller, se doit d’être hors du commun. Incroyablement, il y parvient.

Après avoir écouté de la musique dans un style autant cadré que la FIFA et l’UEFA cadenassent les football depuis des décennies, j’ai aujourd’hui les mêmes exigences en la matière. Je veux être surpris, émerveillé, renversé, emporté par de nouveaux groupes, de nouveaux albums ! J’attends de la magie, de l’exploit, de la fougue, du renouvellement, du « out of this world » ! JE VEUX VIBRER !

Difficile de cacher ma frustration.

Le metal est devenu conservateur, répétitif… il ressasse plus qu’il ne renouvelle… il se satisfait de changement de forme plutôt que de fond… récite plus qu’il n’invente… recycle plus qu’il n’innove… pille les autres genres musicaux plus qu’il ne défriche de nouveaux horizons… L’inspiration l’a fui.

Le footbal m’a un jour lassé car il avait atteint les sommets.

Le metal me lasse car il s’embourbe dans les abysses.

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