Ne m’y cherchez pas, je ne serai pas au Hellfest 2025. Je n’ai pas fait la queue en ligne à la vente des pass, je n’ai pas sollicité d’accréditation, je ne suis pas plus allé traîner sur le site de revente en ligne… C’est la première édition à laquelle je ne serai pas présent depuis 2011. A une semaine de l’événement, je devrais peut-être être perclus de regrets, envahi de remords, submergé par une nostalgie irrationnelle, mais il n’en est rien. Absolument rien. Nada. Zéro. Le sevrage semble avoir d’autant bien fonctionné que cette absence ne résulte ni d’une décision à l’emporte-pièce ni d’un refus d’accréditation mal vécu. Elle s’est imposée d’elle-même. Je ne tirerai surtout pas sur le festival et les choix radicaux ostensiblement commerciaux faits cette année plus encore que les précédentes par ses organisateurs. Certains lui sont imposés, comme la disparition des têtes d’affiches historiques à l’exception de quelques septua/octogénaires plus ou moins fermement accrochés à la rampe qui mène aux Mainstages. D’autres qui découlent certes de ces disparitions illustrent la volonté ou la nécessité du Festival de s’ouvrir à d’autres media plus zeitgeist et surtout à un autre public plus large, rajeuni, avec autant d’étoiles dans les yeux que de pass Culture dans les poches, une naïveté suffisamment enthousiaste pour dépenser 46 € pour une tomate et un steak grillé, et pour lequel la D.A. tellement soft et passe-partout du merchandising 2025 a visiblement été conçue cette année. Si par le passé certains ont pu railler, à juste titre parfois, l’ambiance Disneyland de l’événement, il n’en demeurait pas moins que les affiches ont presque systématiquement proposé du lourd au niveau artistique, et disons le clairement, au niveau « metal ». En ce qui me concerne, avec plus de 40 ans de passion pour la musique hard-rock devenue metal, animé encore aujourd’hui par le plaisir de la découverte, je ne me retrouve pas dans l’affiche proposée cette année (à ce prix). Pour de nombreuses raisons qu’il serait inutile de vous exposer puisqu’elles ne valent probablement que pour moi, et sont par ailleurs pour la plupart générationnelles. Il y a quelques années, j’avais pu entendre l’organisateur du Motocultor (Festival auquel je n’ai pas encore décidé d’assister non plus cette année) expliquer que financièrement il ne pouvait s’offrir les têtes d’affiches du Hellfest, et qu’il composait la programmation du festival avec au mieux les « seconds couteaux ». J’entends certains s’interroger aujourd’hui : « Mais puisque le Motocultor parvient à sortir une affiche très metal en 2025, pourquoi le Hellfest n’y arrive pas complètement ? ». La réponse tient en un chiffre : les 20.000 spectateurs du Motocultor. Car le Hellfest en a besoin de 50.000 de plus par jour, et le vivier ancestral du metal ne les fournira plus… Je rêve, pourquoi pas, de revenir à Clisson pour une prochaine édition du Hellfest, voir ou revoir Iron Maiden, Sleep Token, Marilyn Manson, Rammstein, Leprous, et tant d’autres, au milieu d’une famille unie de chevelus vêtus de noir. Mais je pense profondément que l’édition 2025 sera un gros succès, que les places pour 2026 mises en vente le 08 juillet prochain à 13 h s’arracheront encore plus vite que d’habitude, que le festival aura réussi le tour de force de muer en une seule édition, et que les prochaines éditions combleront plutôt les fans d’Imagine Dragons ou Coldplay, de samples ou d’autotune. C’est la vie. Son inexorabilité. Comme le chante Sidilarsen dans « Les enfants de la rage » (Que la lumière soit 2024) : « L’avenir, c’était bien ». Oui. Dans nos rêves, la seule chose qui nous reste dorénavant… Mais je découvre qu’on vit très bien (aussi) sans s’en soucier.



Je pense exactement la même chose (àcommencer par le fait que je ne critiquerai aucunement.l’orga pour ses/ces choix).Pour une.fois, j’ai de l’avance sur toi car cela fait bien 5 ans que je pe se que le Hellfest ne s’adresse plus à moi.
Bon weekend à tous les festivaliers et bon weekend à toutes les personnes qui ne seront pas à Clisson par choix et non par dépit.
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