OZZY / BLACK SABBATH : Et le rideau sur la scène est tombé…

Sharon a mis les petits plats dans les grands pour le pot de départ de son mari, le seul, l’unique, le légendaire Ozzy Osbourne, en organisant une grande kermesse dans le mythique stade d’Aston Villa à Birmingham ce samedi 05 juillet 2025. Cet événement intitulé « Retour au point de départ » a réuni en effet la crème de la crème des musiciens metal adoubés par elle, promettant par ailleurs le feu nucléaire à ceux qui n’ont pas accepté ses conditions («  Je donnerai les noms après le weekend ! »… Sacrée Sharon !), car c’est bien connu sans polémique la fête est moins folle. Avec Jason Momoa en Monsieur Loyal, acteur américain tirant probablement sa légitimité à présenter ce happening du fait qu’il soit né l’année même où Ozzy claqua la porte de Black Sabbath, les fans hardcore appelés à être truandés de leurs précieuses économies se sont empressés de prendre leur billet pour un show annoncé historique qui a vu se succéder sur scène Mastodon, Rival Sons, Anthrax, Halestorm, Lamb of God, Alice in Chains, Gojira, Pantera, Tool, Slayer, Guns’n Roses, Metallica, pour des prestations rendant certes en partie hommage à leurs hôtes mais d’une durée oscillant de… 15 à 30 minutes (pour les plus chanceux). Pour conclure la soirée, l’organisatrice annonçait deux shows de son mari, Ozzy donc, seul puis avec Black Sabbath. Les derniers concerts E.V.E.R. de ces artistes ! Un événement exceptionnel ! Unique ! Historique ! En fait de concerts, les fans eurent droit à 20 minutes d’Ozzy pour cinq titres, et 35 minutes de Black Sabbath pour quatre titres. Des titres issus quasi uniquement du premier album solo du prince des ténèbres, et des deux premiers albums du Sab’. En ce sens, l’événement conceptuel « Back to the Beginning » fut parfaitement respecté. Mais au-delà ?

Devant son écran, le fait de ne pas avoir pu ni voulu se rendre à Birmingham, enquillé des dépenses de billets, de transport, de logement, bravé les mouvements d’humeur des contrôleurs aériens, ne laissent devant le spectacle proposé (et dont d’Ozzy il ne reste aujourd’hui que le son) pas vraiment de regrets, et c’est un euphémisme, tant il avait par bien des côtés des allures de fête à neuneu célébrant un entre soi convenu, comme si le plaisir (probablement réel) partagé sur scène entre les invités était totalement décorrélé de celui (absolument réel !) ressenti par le public. Deux mondes, deux vérités, deux ambiances…

En revanche, depuis la pelouse et les gradins du Villa Park, il restera que cet événement, malgré ce qui vient d’être écrit, demeurera bel et bien exceptionnel, unique, historique ! De par l’âge et l’état de santé des héros du jour déjà. Parce que Bill Ward était là, derrière ses fûts. Pour les bonnes causes soutenant cet événement auxquelles sera reversée la recette (dans quelle proportion ? Quid du merch ? Quid des ventes en streaming ?) aussi. Mais surtout parce que c’est à coup sûr la dernière fois que le répertoire exceptionnel de Black Sabbath sera ainsi partagé, chanté, vécu, sanctifié ; une vingtaine de titres du Sab Four et sept d’Ozzy joués par leurs amis, neuf par leurs auteurs !

Et puis pour ceux qui suivent, qui savent, qui ont accompagné le groupe dans toutes ses formations, qui n’ont que faire des analyses et des avis, le bonheur qui n’a pas de prix se résume à deux choses : l’innocence qui habite toujours Ozzy, et le sourire éternellement détaché de Iommi. Comme si tout ce barnum n’avait au final aucune importance, et surtout aucune autre raison d’être que le plaisir de jouer.

De toute façon, l’Histoire ne retiendra de ce weekend que la reformation d’OASIS.

(Mais nous, nous savons. Et ils vont nous manquer…)

Une réflexion sur “OZZY / BLACK SABBATH : Et le rideau sur la scène est tombé…

  1. Ozzy… comment dire, c’était touchant, gênant, formidable et grotesque, irréel (tout comme le fait de penser que Sharon a organisé tout cela par pur philanthropie) bref un panel incroyable de sentiments en même temps.
    Gênant de le voir sangler à ce siège, lui qui voulait manifestement se lever (mais en avait-il la capacité ?), formidable de le voir aussi heureux, touchant de voir à quel point il a donner tout (et même plus) ce qui lui restait de force. Magnifique, la présence de Zakk, qui, quoiqu’on en pense a tellement porté Ozzy et sait ce qu’il lui doit, Iommi qui s’approche du trône avec ce je-ne-sais-quoi de désinvolture et d’affection (« on aura fait un sacré bout de chemin ensemble »).
    Au final (et je m’étais dit la même chose lors des derniers concerts de Mötörhead), malgré toutes mes réticences vis-à-vis de l’artiste et de ce concert, qui sommes-nous pour dire « il ne devrait pas » ? C’est sa vie, sa passion, et si cette ultime messe lui a fait plaisir, pourquoi s’en priver ?
    Quant au défilé des autres groupes pour des mini shows… aucun intérêt, aucun commentaire (une cérémonie funéraire à laquelle il fallait se montrer, moche)

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