MEGADETH : « Metallica, C’EST MOI !!! »

MEGADETH sort en ce début d’année son 17ème album studio, sobrement dénué de titre. Selon Dave Mustaine il s’agira du dernier album du groupe fondé après son éviction rocambolesque de Metallica en 1983. Pour mémoire, Metallica s’était alors rendu à New York pour enregistrer ce qui deviendra son premier album, Kill ’em All, mais une goutte d’eau (enfin, d’eau… suivez mon regard) fit déborder le vase de l’incompatibilité persistante entre le fougueux et alcoolisé guitariste et le reste du groupe qui le fit monter comateux, avec son barda, dans un car en direction de la Californie qu’ils venaient de quitter. Tapi dans l’ombre de la gare routière, Kirk Hammet (Exodus) venait de faire le voyage inverse pour prendre sa place. L’histoire était en marche. Depuis 42 ans donc, malgré d’innombrables succès, moultes récompenses, des dizaines de millions d’albums vendus, et l’adoration de ses fans, mais aussi un turn-over impressionnant rassemblant plus de talents qu’il n’est possible de sélectionner de joueurs pour une compétition internationale du XV de France, Mustaine ne vit encore et toujours qu’au travers de Metallica de manière maladive, et a réussi à entraîner ses fans les plus endurcis dans son délire. A tel point que tout album que MEGADETH sort se compare, s’apprécie, se valorise, se définit par rapport au dernier album de Metallica (qui est forcément moins bon, c’est un principe de base), ou à ce qu’est devenu Metallica (comprenez « un groupe de merde sans intérêt dominant le monde »). Et quand la bande à Hetfield et Ulrich n’a pas d’actualité, comme c’est le cas actuellement, Mustaine réenregistre un titre qu’il avait co-composé avec eux, en l’occurrence « Ride The Lightning », a) par plaisir, b) pour rappeler (au choix) ce que Metallica (devenu Maître du Monde) a perdu en le virant il y a 42 ans ou que c’était mieux avant (avant MEGADETH ?!), c) parce qu’il n’est pas encore parvenu à « tuer le père »,… et peut-être plus certainement d) parce qu’après toutes ces années, le buzz le plus universel ne se crée qu’à l’évocation de sa némésis ! Dans son esprit, malgré tous ses succès, Mustaine semble convaincu que Metallica a usurpé la gloire qui lui revenait ; et qu’il vivra à jamais dans l’ombre de ceux qui d’une certaine manière ont décidé unilatéralement de le priver de la vie qui lui était promise.

Franchement Dave, je vais être franc avec toi : TU NOUS PETES LES ATTRIBUTS !

Sur le vinyle de Kill ’em All, paru chez Bernett, il n’y avait pas de sticker fluo indiquant que quatre des titres de l’album étaient co-composés par le Grand Dave Mustaine. Non. Pire encore, sur le disque était écrit « all songs written by Metallica » ! Et s’il est vrai que « The Four Horsemen », « Jump in the Fire », « Phantom Lord » et « Metal Militia » sont devenus des classiques, c’est aussi le cas des six autres titres de l’album qui semble-t-il ne te doivent rien (et notamment « Hit the Lights », « Motorbreath », « No Remorse » ou « Seek and Destroy »). Toujours chez Bernett Records, la pochette intérieure de Ride the Lightning (la version verte) mentionnait les crédits et si ton nom apparaît bien comme co-compositeur pour « Ride the Lightning » et « The Call of Ktulu », je ne le vois pas sur « Fight Fire with Fire », « For Whom the Bell Talls », « Fade to Black » ni encore l’immense « Creeping Death ». De même, combien de fois n’entend-on pas certains fans déclarer que « Metallica, c’était mieux avec Mustaine ! » et enchainer avec un déstabilisant « Mais mon album préféré restera Master of Puppets ! ». Dave, sois fier de tout ce que tu as accompli avec MEGADETH. C’est ton œuvre, elle ne doit rien à personne d’autre. ARRETE DE TE FAIRE DU MAL !

Chroniquer ton nouvel album n’est pas une mince affaire. Le son froid et clinique est assez rebutant, mais il est à ton image et conforme à tes précédentes productions. A ton corps défendant, et même vieillissant, il est musicalement irréprochable, mais tellement maîtrisé, sûr de son expression, que l’enthousiasme de l’auditeur s’estompe au fil des titres. Dès le troisième en ce qui me concerne. Certes tu chantes toujours mal, mais c’est un commentaire subjectif. Partagé, mais subjectif quand même. Récemment, on demandait à Kerry King dans une de ces vidéos débiles qui pullulent sur le net où un journaliste propose à des personnalités de faire un choix impossible, en l’occurrence de choisir « entre Metallica et Megadeth ». King répondit spontanément « Metallica », avant d’ajouter face caméra « Désolé Dave mais ils ont un chanteur ! ». Coup de poignard dans le dos. Alors ne le prends pas mal, mais pour ce nouvel et dernier album, je vais faire un quasi copié/collé du début de la chronique que j’avais écrite pour le 72 seasons de qui-tu-sais. Je sais que ça te fera plaisir. Allez, sans rancune !

Chroniquer un album de MEGADETH, c’est s’aventurer vers l’impossible. Chacun a son avis et s’y tient, même s’il n’écoute pas la musique du groupe. C’est comme parler de politique, de religion, d’orientation sexuelle,…. de toutes ces choses tellement personnelles que tenter de se faire entendre, même avec les meilleurs arguments du monde, ne convaincra personne, et surtout pas ceux qui ont depuis longtemps bétonné leurs positions. C’est cela aussi l’apanage des Grands, vivre au travers des yeux (et des oreilles) de leurs adorateurs. Et de toute façon, le reste, comme le chante Mustaine : On s’en fout !

MEGADETH

« Megadeth »

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Sortie le 23 janvier 2026

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