Malcolm Young, la personne publique, le musicien, nous a quittés aujourd’hui comme il s’est toujours produit sur scène. Humblement. Discrètement. En seigneur. Presque timidement, en s’excusant du bout des lèvres. Un trait de famille sûrement. Chez les Young, on ne s’étale pas. On encaisse en silence. Et tant pis si cette attitude de repli sur soi a toujours été incomprise des fans, dont une partie n’a toujours pas digéré l’absence de vraie communication ou d’empathie sur l’éviction récente de Brian Johnson. Sobrement, son frère Angus communique sur les réseaux sociaux. Les fleurs sont inutiles, mais des dons pourront être adressés à… l’Armée du Salut. Quoi de moins glamour ? Anti-star assumée. C’est un mois (à quatre jours près) après la disparition de leur frère George que Malcolm, malade et diminué depuis quelques années, tire donc sa révérence. Bien évidemment, je ne connaissais pas l’homme. L’artiste en revanche a depuis le départ accompagné de près ma passion pour la musique. Certains parlent de lui comme d’un guitariste rythmique d’exception, comme d’un fan de rock’n’roll, comme du « leader of the gang », comme du cerveau d’AC/DC…. Je ne sais rien de tout ça. Où plutôt je n’ai jamais voulu le savoir. Je m’en fous même. Inconsciemment, je me suis même forcé à m’en foutre sans aucun doute. Mon admiration pour le guitariste rythmique d’AC/DC tient à son look, jean et t-shirt blanc, cheveux longs et sûrement gras, sa petite taille, sa moue, la clope au coin des lèvres, le regard pénétrant du bad boy, sa petite silhouette cachée derrière sa grosse guitare. Et ces riffs… ces rythmiques qui font taper du pied. Quand son petit frère Angus ne solo-ise pas, on n’entend que LUI. Je me souviens de ces discussions au collège avec mes camarades qui prétendaient avoir vu les partitions et découvert que c’était Malcolm et non Angus qui abattait le gros du boulot tandis que le public scandait « Angus ! Angus ! Angus ! » ! Sacrilège ! Malcolm, le grand frère discret, celui qui tient la baraque, le « taulier ». Ma passion pour la musique et le hard-rock est née en découvrant « T.N.T. ». Ma première quête musicale, à la fin des années 70 et à l’orée de la décennie suivante aura consisté à dilapider mon argent de poche dans l’achat des albums du groupe, à une époque où Bon Scott était encore parmi nous et où, déjà, dans mon classement de jeune ado et la naïveté et l’innocence de mes connaissances musicales, AC/DC était le plus grand groupe du monde. Malcolm n’a jamais été un musicien comme un autre. Je lui suis redevable de ma passion, en quelque sorte. C’est tout mon univers musical qui est un peu orphelin ce soir. Merci, Malcolm. Du fond du cœur. Pour tout le plaisir que tu m’auras procuré. Pour toutes les portes que tu as ouvertes sans le savoir. R.I.P.


Merci Christophe, tes mots sonnent juste, si juste.
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Tellement vrais
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