
Chroniquer un album de METALLICA, c’est s’aventurer vers l’impossible. Chacun a son avis et s’y tient, même s’il n’écoute pas la musique du groupe. C’est comme parler de politique, de religion, d’orientation sexuelle,…. de toutes ces choses tellement personnelles que tenter de se faire entendre, même avec les meilleurs arguments du monde, ne convaincra personne, et surtout pas ceux qui ont depuis longtemps bétonné leurs positions. Megadeth c’est mieux de toute façon. Les vrais le sachent. Ne comptez par sur nous pour tenter de vous amadouer, de quelque bord que vous soyez, en vous annonçant que cet album est une merde absolue (« Ce son clinique ! Ces longueurs insupportables ! Ces solos de merde ! » etc.) ou un chef d’œuvre (« Metallica c’est LE metal ! Lars est un génie incompris ! C’est Hammett qui aurait dû donner des leçons de guitare à Satriani ! » Etc.). Nous ne sommes pas dans l’excès, et encore moins dans l’outrance. 72 Seasons n’est donc, en toute objectivité, ni plus ni moins qu’un… bijou. Le genre d’album que peu de groupes affichant quatre décennies au compteur sortent. Non, non, ne partez pas ! On vous explique ! Force nous est de reconnaître qu’on peut légitimement lui reprocher sa longueur, à une époque où d’autres groupes composent quatorze titres et les sortent en deux fois. Mais pas la longueur moyenne des titres, similaire à celle des précédents albums hormis le premier et la trilogie Black/Load/ReLoad. On peut aussi lui reprocher une pochette qui ne ressemble à rien, ou encore un concept un peu foireux, pour ne pas dire téléphoné. Mais à part ça…. on joue quand même objectivement dans une division bien supérieure à celle des autres prétendants au titre de king ot metal ! Il y a tout d’abord ce son Metallica toujours présent, immédiatement reconnaissable sur chaque note de l’album, fruit depuis le premier jour de l’association de la guitare d’Hetfield et de la batterie d’Ulrich. La voix aussi. Le reste termine tout simplement de définir de manière intemporelle ce qu’est le metal. Jeune ado en 1979, nous découvrions le hard-rock avec AC/DC. Quatre années plus tard, nous découvrions la musique de Metallica qui révolutionnait le metal en piochant dans la celle de ses ainés. Si à l’époque on nous avait annoncé que quarante ans plus tard ce sont ces deux groupes qui continueraient à remplir les stades, aurions-nous été surpris ? Probablement. Où en sommes-nous avec 72 Seasons ? Au même point malgré les ans. En plus décomplexé. Une énergie non feinte, des riffs tirés au cordeau, un chant agressif,… mais aussi, outre le fantôme de Diamond Head et de la NWOBHM, des solos à n’en plus finir qui évoquent souvent l’évidence jouissive du rock’n’roll que maîtrisait un certain Angus, des riffs cliniques qui rappellent la métronomie d’un Killing Joke, ou encore des morceaux qui finissent en s’époumonant comme le faisait Motörhead lorsqu’il reprenait « Train kept a rollin’ « … De la musique de vieux connaisseur. Mais aussi du Metallica qui s’autocite. Avec ce « Sleepwalk My Life Away » qui déconstruit « Enter Sandman », son riff mais aussi ses paroles, qui passent de Enter night à Wake me !, « Crown of Barbed Wire » qui évoque « King Nothing », ou encore « Too Far Gone » en cousin éloigné de « No Remorse ». Avec 72 Seasons, plus encore que sur Hardwired… où le travail était déjà amorcé, METALLICA recoud son ADN, rassemble les pièces de son identité et fait de ses origines thrash et ses digressions rock stoner à la Load ou ReLoad un tout cohérent d’une évidence épiphanique. Pour les fans, cet album a des allures d’aboutissement. Et puis il y a ceux qui se réjouiront du long morceau qui clôt l’album, un pavé monocorde et linéaire, resucée de « Fixxxer » qui clôturait ReLoad de la même manière, en y trouvant d’hypothétiques inspirations Sabbathiennes. Ceux-là n’auront rien compris à Metallica. Nobody’s perfect.

METALLICA
« 72 Seasons »
Blackened
Sortie le 14 avril 2023

Vous ne citez pas Death Magnetic, personnellement je pourrait faire un copié collé de votre ressenti pour 72 seasons mais sur Death Magnetic. Bon je ne parle pas de la qualité de production (j’ai pour ma part une version custom provenant d’un remixage d’après guitare heros XD). Du coup 72 seasons reprends des choses qui m’avaient bien plu dans DM et ça sonne en doublon, donc c’est du 3/5 personnellement.
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Je n’irai pas jusqu’à dire que cet album est un bijou…
Par contre, c’est le premier album de Metallica que j’écoute avec plaisir depuis le fameux Black Album.
Et rien que pour ça, j’ai envie de dire champagne !
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