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Hell, Fire and Damnation est le 24ème album studio (composé de titres originaux) de la bande à Biff Byford, une série commencée en 1979. Ce nouvel album ne se démarque évidemment pas d’une trajectoire artistique de qualité presque rectiligne, riche de son efficacité plus que de ses prises de risques, tant et si bien que SAXON est probablement aujourd’hui l’un sinon LE porte-étendard d’un metal tel qu’on le pratiquait aux origines de la new wave of british heavy-metal, même s’il s’est affiné et subtilement modernisé au fil des ans. Hell, Fire and Damnation est un excellent cru, supérieur à ses prédécesseurs récents, en partie pour des raisons qui se sont imposées au groupe, comme l’urgence à le sortir en raison d’une tournée imminente, mais aussi par le renoncement de son guitariste historique, Paul Quinn, seul membre d’origine subsistant avec Biff Byford, à y participer et son remplacement par l’aguerri et talentueux Brian Tatler (Diamond Head). La production conjointe de Byford et Andy Sneap (Judas Priest, parmi tant d’autres) opte pour un son clair et aéré qui libère des compositions généreuses en riffs, mélodies et solos soigneusement mis en valeur. Il est patent que l’arrivée de Tatler a en partie rabattu les cartes et ouvert de nouveaux horizons, même si la voix de Byford sur laquelle le temps semble ne pas avoir de prise reste dépositaire de l’identité de SAXON. Sans parler d’un retour aux sources, ce que Byford avait très bien réussi seul sur son album solo sorti en 2020 (School of Hard Knocks), il est indéniable que l’on croise parfois sur ce nouvel album une atmosphère à la Denim & Leather (1981) par exemple. Jalonné de trois morceaux plus rapides (« Fire and Steel », « Kubla Khan and the Merchant of Venice », et « Super Charger » en guise de final nerveux), cet album est une ode aux mid-tempo dotés de refrains entêtants, traversés de solos joliment et systématiquement (sauf sur « Fire and Steel ») mis en exergue par une rupture de rythme préalable. Thématiquement, les textes trouvent leur inspiration dans la passion de Byford pour l’histoire (la guillotine, les sorcières de Salem, Roswell, la bataille d’Hastings) et la littérature (Kubla Khan et Xanadu, évoquée par Marco Polo tout autant que Samuel Taylor Coleridge qui avait déjà inspiré Iron Maiden pour « Rhyme of the Ancient Mariner »), mais aussi dans ses souvenirs de jeunesse (« Pirates of the Airwaves »). Brian Tatler se fond dans cet univers en participant activement à l’écriture, sans jamais l’entraîner dans une sorte de Diamond Head bis, ce qui ne surprend pas quand on connaît l’humilité qui le caractérise, son phlegme si britannique, et sa propension à servir toute sorte de répertoire, lui qui joua régulièrement dans des tribute bands à The Who ou Thin Lizzy dans les années 90. Dynamique et passionnant de bout en bout, Hell, Fire and Damnation décline une forme de b.a.-ba du metal tel un gardien du temple, à la fois défenseur de la mémoire et guide spirituel. Ce nouvel album de SAXON ne vous (les) entraînera pas vers l’enfer, le feu et la damnation, mais irrémédiablement dans la direction diamétralement opposée !

SAXON
« Hell, Fire and Damnation »
Silver Lining Music
sortie le 19 janvier 2024
