MOTOCULTOR 2026 : souvenirs du vendredi (J2)

Malgré les critiques multiples et variées que d’aucuns aiment lui associer, le Motocultor est un festival de musique metal devenu historique par sa longévité, « incompréhensible ! » diront les mêmes d’aucuns qui lui reprochent notamment un amateurisme qui lui colle à la peau plus encore que le sparadrap aux doigts du Capitaine Haddock. Force est de constater qu’en ce qui me concerne sa migration sur les terres des « Vieilles Charrues » à Carhaix fut du pain béni car elle me permet désormais d’en profiter avec le confort qui sied à mon âge avancé, notamment pouvoir être festivalier et dormir chaque soir dans mon lit. Plus prosaïquement, l’autre avantage de ce festival est de pouvoir décider de prendre son pass à quelques jours de sa tenue, après mûre réflexion, line-up connu, y compris défections de dernières minutes, et non pas le couteau sous la gorge un an à l’avance et à l’aveugle. Je ne vise personne, mais on pourrait aussi évoquer la joie de pouvoir accéder au site depuis le parking sans prendre le bus, pouvoir y arborer fièrement des t-shirts de groupes et non les collections printemps/été des éditions précédentes, y déambuler en rêvassant sans percuter des hordes de touristes égarés, accéder d’une scène à l’autre sans entraînement de marathonien, etc. Et on pourrait en dire encore beaucoup plus. Toujours est-il que l’édition 2026 ne m’intéressait que moyennement, mais que pour les raisons ci-dessus, je me suis décidé à quelques semaines de son ouverture à prendre un pass 4 jours « pour aller voir des groupes que j’aime ». Tout simplement. Y a-t-il plus belle raison ? Incroyablement, l’affiche, loin d’être over the top ni aussi fournie que celle du Hellfest (évidemment !), m’aguichait (non pas « fermés » comme à Clisson) bien plus. Je savais que me rendre sur site le premier jour allait m’être compliqué, et je n’y suis d’ailleurs pas allé. A mon grand regret je n’aurai donc pas vu Brieg Guerveno sur scène et j’envie tout ceux qui ont assisté à sa prestation. En revanche je me suis concocté un programme pour les trois jours suivants tournant autour de mes groupes de cœur. Textures et Coroner tout d’abord, que l’organisation a eu l’idée débile, je ne pense pas qu’il existe de mot plus précis ou adéquat, de faire jouer sur le même créneau horaire ! J’ai donc commencé par le show des hollandais, me promettant de partir au bout de 30 minutes pour rejoindre la scène des suisses, sauf que c’est à ce moment que Textures choisit d’envoyer « Measuring the Heavens » formidable extrait de leur dernier album en date Genotype, sorti en ce début d’année et que j’écoute toujours en boucle ! Bref, me voilà paralysé sous la Massey Ferguscène comme l’Enterprise dans le rayon tracteur d’un Oiseau de Proie Klingon ! Victime consentante je succombe à ce piège dont je ne parviens à m’extirper que pour assister aux deux derniers titres de Coroner, tout aussi tétanisants ! Quelle(s) frustration(s), ne pas avoir vu la fin du set de Textures, ne pas avoir vu le début de celui de Coroner ! Qu’on me donne le nom du responsable, qu’il ne reste pas impuni !!!! Puis le hasard en la personne de mon amie Isabelle m’amène à assister au concert de Lord of the Lost dont elle est grand fan et que pour ma part je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Pour moi, ce concert restera une curiosité non dénuée d’intérêt(s), certes, qui entraînera toutefois la rédaction dans mon crâne d’une note pour moi-même qui pourrait se résumer à : «  inutile de chercher à creuser le sujet ». Si le groupe est le « Seigneur » et ses sujets sont « perdus », je ne peux qu’acquiescer tant le spectacle proposé fait ainsi sens à mes yeux de païen. Puis le hasard en la personne de ma vessie m’amène, en partant à la recherche des toilettes, à passer devant la tente où se produit Vision of Atlantis. Je pense que si certains continents perdus n’ont jamais été retrouvés, c’est qu’il y a une raison. Oui il y avait de la communion sous cette tente, de l’énergie sur la scène, des personnes déguisées (partout), non pas des loubards (comme dans les concerts de rock de l’époque où il n’était pas encore mort) mais plutôt du genre loups de mer, mais pour moi c’était une vision qui doit en rester une. Mon estomac me ramène sur terre et me suggère de profiter du concert fédérateur de Mass Hysteria pour me rendre à l’opposé du site et accéder aux food trucks. Je passe quelques moments devant la tente où joue Soen. C’est toujours agréable d’entendre Soen. Je trouve viscéralement que Soen est un groupe agréable. De temps en temps, il faut écouter du métal agréable. Déjà, ça facilite la digestion. Et Soen sont parfaits pour nous le rappeler. La nuit est tombée. Emperor et Paradise Lost montent au même moment sur scène. Sur deux scènes différentes hein ! Forcément, je me place devant Emperor. Emperor, c’est aussi du métal agréable, mais pas dans le même sens. Plutôt à un degré jubilatoire. Certes les morceaux ne sont pas récents. Certes ça ne bouge pas beaucoup sur scène. Certes on connaît tout par cœur. Mais que voulez-vous, quand on aime…. Ils ne sont pas déguisés, le public non plus, ils auraient pu choisir de s’appeler Vision of Asgard, mais ils ont choisi d’être sérieux, d’en imposer, de dominer. Je trouve qu’ils ont bien fait. Les petites filles rêvent peut-être de devenir chanteuses comme Clémentine. Je ne suis pas sûr que les petits garçons rêvent de chanter comme Ihsahn. Enfin…. Si. Mais en secret. Car dans sa voix on sent bien qu’il n’est pas venu pour construire des églises. Le hasard en la personne de Yann me fait quitter prématurément le concert de Emperor pour rejoindre celui de Paradise Lost. Il faut dire à ce moment précis que retrouver ses amis au Motocultor, même s’ils sont au milieu d’un pogo sous une tente, est en matière de difficulté aux antipodes de celle de la quête de l’aiguille perdue dans une meule de foin (quand bien même serait-elle sur un continent perdu). La réputation de festival à taille humaine n’est absolument pas usurpée. Bon, à ce stade du récit, j’avoue que PL ne m’a pas passionné. Je suis rentré me coucher. Mais quelle belle première journée !

[A SUIVRE]

2 réflexions sur “MOTOCULTOR 2026 : souvenirs du vendredi (J2)

  1. Tu as quand même oublié de préciser que tu avais trouvé le chanteur de Lord of the Lost très beau (ou charismatique, je ne sais plus quel était le terme exact) :p En tout cas, merci d’avoir passé un temps certain à mes côtés en cette belle journée du vendredi !

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